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Mes grosses attentes pour le festival de Cannes 2007
Alors même si la selection n'est pas encore officielle (elle tombe généralement en avril) on commence à entendre ici ou là des rumeurs concernant les films qui seront potentiellement présents à Cannes cette année.
Celui dont on parle le plus est probablement le film de Wong-Kar Waï My Blueberry Nights avec Norah Jones. Film assez mysterieux (comme toujours chez le cinéaste), on n'en sait pas grand chose mais comme tout film du cinéaste je l'attend avec impatience.



Gus Van Sant lui devrait presenter Paranoid Park un film très attendu également car Van Sant ayant bouclé sa trilogie change de cap et va probablement nous offrir un film qui ne ressemble qu'à lui-même (tout ce que j'aime en somme). A noter que le casting de ce film s'est effectué directement sur Internet (via MySpace). Les premières photos font penser à du Larry Clark.




Côté Français j'attends Alain Corneau au tournant pour son remake du Deuxième Souffle de Melville. Malgré un casting vraiment classe (Auteuil, Belucci, Blanc, Dutronc, Cantona, Duvauchelle, Nahon rien que ça) cela va être dur d'égaler ce que je tiens pour le chef-d'oeuvre (quoique c'est dur de décider entre celui-ci et Le Samouraï)
Affiche teaser, dévoilée à Cannes en 2006. ARP Sélection


Je pense également à Marc Caro et son Dante 01, enfin un film de S-F français ambitieux. Les premières photos sont alléchantes et conaissant le travail de Caro sur les films faits avec Jeunet et ses goûts d'esthète on ne peut qu'être confiant dans le projet. Esperons que le film soit prêt pour Cannes.
Lambert Wilson. Wild Bunch Distribution



Je peux citer aussi 99 Francs de Jan Kounen avec Jean Dujardin d'après Beigbeider. Kounen que j'adorais m'a immensément déçu avec son Blueberry que j'ai trouvé d'une nullité abyssale alors je suis moins enthousiaste qu'avant sur ces divers projets. De plus le teaser qui est sorti recemment m'a largement refroidi. Dujardin n'y est pas credible et ça ressemble à une comédie vaguement caustique. Bref pour l'instant pas très emballé.
Jan Kounen (à gauche) et, de gauche à droite en partant du centre, Jocelyn Quivrin, Jean Dujardin et Elisa Tovati (photo de tournage). Pathé Distribution




Mis à part ça et en vrac on devrait retrouver Michael Moor pour un autre documentaire qui n'est même pas fini mais qui profite déjà d'une aura sulfureuse, Sicko (sur le système de santé américain). Les frères Coen et leur nouveau film avec Tomy Lee Jones (j'avoue ne plus avoir été très emballé par leurs derniers opus). Et bien sûr une avalanche de blockbusters entre Ocean's 13, The Transformers et bien sûr Pirates des Caraïbes 3, on aura de quoi se glisser du pop-corn sous les dents.

Bref pour l'heure cette 60ème édition s'annonce d'ores et déjà absolument passionante.
 
Exclosion Mon court-métrage
Cannes c'est aussi et surtout un endroit où les gens qui font du cinéma se rencontrent et échangent, achètent, produisent, diffusent les films qu'ils font partout dans le monde. Alors je me dis que moi, apprenti réalisateur comme on dit, je devrais m'y rendre pour montrer un peu à des professionels mon travail, pour essayer de s'afficher un peu et de proposer d'autres projets. Je viens de terminer un court-métrage sur lequel je travaillais depuis un an et demi. C'est une adaptation d'un poème de Charles Baudelaire (Spleen LXXVII) en fiction. C'est un film sans dialogues (j'exècre les dialogues) de 24 minutes. Je l'ai tourné en DV et j'en ai payé moi-même tout les frais donc il me tient particulièrement à coeur. Si je peux je le mettrais en ligne sur ce blog.
C'est un film assez poétique comme le sujet le laisse entendre. Cela confronte un homme aux visions que la lecteur d'un poème de Baudelaire va lui inspirer. Au delà des visions je dirais même l'experience physisque que cela va lui procurer.
Enfin bon tout ça pour dire que je ne fais pas que regarder des films mais que j'en fais également (bien modestement) et que c'est le seul métier que je n'ai jamais envisager de faire donc j'espère y arriver (pouvoir simplement vivre de la réalisation de films). Je suis encore jeune donc je reste optimiste !


 
Electroma - Daft Punk
Daft Arts
Voici le titre du dernier film des Daft Punk plus connu pour être des musiciens talentueux que pour être des cinéastes. Ils s'étaient déjà essayé au cinéma en 2005 en ecrivant et en faisant la musique de Interstella 5555 : The 5tory of the 5ecret 5tar 5system (waouh quel titre !) un long-métrage d'animation sans dialogue de Kazuhisha Takenôchi (un illustre inconnu à vrai dire) supervisé par le grand Leiji Matsumoto qui n'est autre que le papa d'Albator et de Galaxy Express 999. Un film franchement réussi et très original.
Mais ils ont fait Electroma tout seul, ils l'ont écrit et réalisé eux-mêmes. Le film a été présenté à Cannes lors de l'édition 2006 pour la Quinzaine des Réalisateurs. Le film n'a toujours pas été distribué (je me demande bien pourquoi) mais j'ai eu la chance de le découvrir à Cannes lors d'une projection en plein air (comme quoi même sans accrédit on peut voir des films).
Ce fut un choc certain pour moi. Un film que je qualifierais d'hypnotique. Il est clair que cet Electroma doit beaucoup (voir tout) au Gerry de Gus Van Sant. Un même cadre (le desert), une même lenteur lancinante et une precision chirurgicale dans chacun des plans. Au delà donc du plagiat (car on pourrait les taxer de plagieurs), le film atteint par instant une grâce rarement vu sur un écran de cinéma. Ce genre de films (comme la trilogie de Van Sant : Gerry, Elephant et Last Days) demandent un abandon total du spectateur et de son intellect au profit d'une perception uniquement sensitive de ce qui se passe à l'écran. C'est selon moi une des formes ultimes du cinéma post-moderne. Mais ne soyons pas trop théoriques et restons dans le film des Daft Punk. Le film raconte (quand même) une histoire. Celle de deux robots qui sont decidés à devenir humain. C'est donc bel et bien l'histoire d'une quête. La quête d'une certaine forme d'humanité. Et il se trouve que le format du film, que son rythme epouse parfaitement cette quête dans un espèce d'embrassement du monde où il s'agit de guetter la beauté remonter toute seule à la surface et de l'apprecier à sa juste valeur.
Enfin bon je m'égare un peu et j'aimerais au lieu de vous ennuyer vous donner envie de découvrir le film (si un jour quelqu'un décide à le sortir en salle) qui même s'il n'est pas parfait (bien evidemment il y a des longueurs) arrive à toucher à quelque chose de rare au cinéma selon moi : la grâce. Ce moment où il y a cette petite perle salé au bord de la paupière du spectateur qui ne tombe pas mais qui palpite au bord du gouffre dans l'indécision dans une émotion nouvelle qu'elle ne sait interpreter.
 
Alejandro Jodorowsky, maître à penser d'un cinéma spirituel et viscéral
Lors du festival de Cannes 2006, un grand cinéaste malheureusement trop méconnu à eu le privilège de montrer deux des ses films les plus célèbres dans des versions remasterisées et restaurées. Il s'agissait de El Topo (1970) et La Montagne Sacrée (1973), deux films assez peu connus qui avait malgré tout acquis un statut d'oeuvre culte de part le monde. Il n'en fallait pas plus pour atiser la curiosité de ma perverse cinéphilie pour vouloir découvrir à tout prix ces films. Par des recherches tortueuses j'ai réussi à trouver des DVD italiens de qualité assez médiocre mais qui m'ont permis de voir les films dans des conditions acceptables. Et là ce fut le choc. Ces deux films m'ont comme frappés en plein visage et j'ai tout de suite considéré Jodo (le petit nom qu'on lui attribue) comme un cinéaste très important. En effet il est le seul à ce jour à m'avoir proposé une telle experience de cinéphile. Ces deux films sont des espèces de voyages mystiques dans un univers totalement halluciné où rien n'est tangible. Mais on est loin (pour faire une comparaison "facile") d'un David Lynch. Ici nous est raconté une histoire commençant à A et se terminant à B (quoique...). C'est juste que l'on ne m'avait jamais raconté une histoire de cette manière et que je n'avais jamais autant perçu l'âme d'un cinéaste imprimé si directement et frontalement sur une pellicule. Troublant. Depuis j'ai vu tout ses films dont les très bons Fando y Lis (1967) et Santa Sangre (1989) et j'attends avec une impatience indécente son prochain film en tant que cinéaste (bientôt 20 ans déjà) qu'il nous promet depuis tellement longtemps (il était question pendant quelque temps d'une sequelle d'El Topo avec Marylin Manson mais pour des raisons de droit le projet est tombé à l'eau).
Un coffret regroupant Fando y Lis, El Topo et La Montagne Sacrée devrait sortir en mai chez Wild Side d'après les Masters presentés à Cannes. Et la surprise vient du fait que Jodo va nous offrir un commentaire audio pour chacun des films alors qu'il a toujours été plutôt prude dans l'auto-analyse de son travail ! Excellente nouvelle, je trépigne donc d'impatience comme un gamin.

J'ai oublié de préciser que Jodorowsky est devenu mon cinéaste favori et qu'il est même l'objet du Master que je suis en train (laborieusement) d'écrire.

 
Introduction en terres hostiles
Donc me voilà, je m'appelle Grégory, j'ai 24 ans et je suis un cinéphile acharné depuis environ 15 ans. Cela m'a amené à faire des études de cinéma et je suis actuellement en train de finir un MASTER de cinéma. Ce n'est pas très professionalisant mais je prends un plaisir continu à suivre des cours et à travailler sur la chose qui m'interesse le plus : le cinéma.
Ce blog est avant tout un blog ayant pour axe central Cannes et son festival international de cinéma mais je pense également que ce serait très artificiel si je ne m'y impliquait pas réélement et que je ne me découvrais pas moi-même et ma relation avec le cinéma. Rien de prétentieux ou de poseur la dedans mais simplement le désir de partager cette passion et de faire de ce blog quelque chose d'humain et de vrai qui change (je ne vise personne) des blogs barbants où l'on nous ressort les différents palmarès et les différents présidents.
Parcequ'avant tout Cannes pour moi ce n'est pas ça. Je me fiche un peu de savoir qui a gagné la Palme ou qui sera le prochain president. Cannes c'est juste la plus importante conjonction mondial de cinéphile (gens qui regardent les films) et de professionels du cinéma (gens qui font les films) et en ce sens c'est déjà une espèce de bulle magique hors du monde et hors du temps. Et ce qui importe vraiment au delà du côté people, glamour etc... c'est bien évidemment le cinéma, les films. C'est la seule chose compte.
Et je vais essayer de vous faire partager ça.
 
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